Pierre-Alain Chambaz

En fait, il n’y a pas une image inextensive qui se formerait dans la conscience et se projetterait ensuite en P. Dans la sphère des idées morales, rien de plus évident que la transition continue d’une idée à l’autre, et d’une qualité à la qualité contraire. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « La mer la plus profonde a un fond, la montagne la plus haute a une cime ». La mièvre croissance européenne -souvent qualifiée d’anémique – provient d’un excès d’épargne. Un botaniste a commis une erreur dans la description d’une plante : deux étamines avortées lui ont échappé par leur petitesse, et il a rangé dans la pentandrie de Linné une espèce qu’il fallait mettre dans l’heptandrie. Et Airbus Group, Thales, Safran, Dassault Aviation etc… entrainent toute la « supply chain » à l’étranger pour s’implanter et/ou transférer de la technologie. La tendance de l’art vers l’expression d’un idéal que l’esprit conçoit, sans avoir de formule logique pour le définir ni de méthode géométrique pour en approcher, est quelque chose de si manifeste qu’on ne l’a jamais méconnue et que la critique moderne, dans ses raffinements subtils, l’a peut-être exagérée. On dit d’une image qu’elle est fidèle, d’une idée qu’elle est vraie, et l’on entend par là exprimer la conformité entre l’objet ou le type perçu et l’image ou l’idée présente à l’esprit. Pour la grande masse des hommes, il n’y a peut-être pas de méthode meilleure. La vérité est que le point P, les rayons qu’il émet, la rétine et les éléments nerveux intéressés forment un tout solidaire, que le point lumineux P fait partie de ce tout, et que c’est bien en P, et non pas ailleurs, que l’image de P est formée et perçue. Mais elle en entraîne naturellement une autre. Les expressions de tendance, de penchant donnent simplement à entendre que les conditions principales d’un phénomène étant déjà réalisées dans un individu ou un organe, il reste très pou de conditions à ajouter pour que l’accomplissement du phénomène s’ensuive ; l’acte que nous avons le plus de tendance à accomplir à un moment donné est celui pour lequel il est nécessaire de faire intervenir le moins d’excitation. Il fallait pénétrer plus avant qu’on ne l’a fait dans l’idée fondamentale du hasard et de l’indépendance des causes ; distinguer nettement la notion de la probabilité philosophique d’avec celle de la probabilité mathématique, telle que les géomètres l’entendent ou doivent l’entendre ; faire voir ce que ces notions ont de commun et en quoi elles diffèrent, au point d’être essentiellement irréductibles l’une à l’autre. Si on pense que le coût à terme est de 50 dollars, cela constitue un filtre. Surtout il fallait distinguer cette subordination de nos facultés, qui seule peut conduire à un contrôle et à une solution des contradictions apparentes. Ainsi, dans l’idéalisme comme dans le réalisme, on pose l’ un des deux systèmes, et on cherche à en déduire l’autre. C’est en prenant le mot de cause dans cette large acception que peut se justifier l’adage : philosophia tota inquirit in causas ; car la raison des choses, partout où elle se trouve, est effectivement le but constant de la méditation du philosophe ; la poursuite de l’explication et de la raison des choses est ce qui caractérise la curiosité philosophique, à quelque ordre de faits qu’elle s’applique, par opposition à la curiosité de l’érudit et du savant, qui a pour objet d’accroître le nombre des faits connus, en tenant souvent plus de compte de la singularité et de la difficulté vaincue que d À défaut de cette distinction, il n’y aura plus, à proprement parler, de discussion philosophique ; on multipliera indéfiniment les faits prétendus primitifs ou irréductibles ; on en appellera sans cesse au sens commun : ce qui équivaudra à la multiplication indéfinie, en physique, des qualités occultes, et ce qui est un procédé exclusif de toute organisation théorique. Si vous vous donnez le système d’images qui n’a pas de centre, et où chaque élément possède sa grandeur et sa valeur absolues, je ne vois pas pourquoi ce système s’en adjoint un second, où chaque image prend une valeur indéterminée, soumise à toutes les vicissitudes d’une image centrale. Les sens ne sont que des instruments pour la raison : et de même que l’homme parvient à s’assurer, au moyen des sens, des causes d’erreur inhérentes aux instruments que son industrie a créés, de même il peut, sous de certaines conditions, s’assurer des causes d’erreur qui résideraient dans les instruments naturels dont sa raison dispose. Supposons, pour prendre un nouvel exemple, qu’il s’agisse de mesurer une certaine grandeur, et que cette grandeur doive être estimée à vue, sans le secours d’aucun instrument, afin de ne pas compliquer des erreurs provenant de l’instrument celles qui proviendraient des imperfections du sens. Nous sommes bien certains, avant toute expérience, qu’une pareille estime sera entachée d’erreur, car la précision mathématique ne saurait (sans un hasard infiniment peu probable) se trouver dans ce qui dépend des sens et du commerce de l’homme avec le monde matériel ; mais ce qu’il faut tâcher de découvrir expérimentalement, c’est la présence ou l’absence d’une cause constante d’erreur qui, en se combinant avec d’autres causes dont l’action varie fortuitement et irrégulièrement d’une mesure à l’autre, tendrait à rendre toutes les mesures trop fortes ou toutes les mesures trop faibles, de mani Mais inversement, si vous vous donnez un système d’images instables disposées autour d’un centre privilégié et se modifiant profondément pour des déplacements insensibles de ce centre, vous excluez d’abord l’ordre de la nature, cet ordre indifférent au point où l’on se place et au terme par où l’on commence. À mesure que l’on s’éloignera davantage de la valeur moyenne, dans un sens ou dans l’autre, les valeurs particulières deviendront plus clairsemées, plus distantes de celles qui les précèdent ou qui les suivent ; parce que, en vertu de l’hypothèse, la probabilité d’une erreur plus petite doit l’emporter sur la probabilité d’une erreur plus grande. Les valeurs particulières seront également accumulées ou également clairsemées à des distances égales de la moyenne, en plus ou en moins. La raison et la science ont conduit les naturalistes à des conséquences tout autres. Comme s’il usait à rebours de l’anneau de Gygès, il se rend invisible à lui-même en devenant visible à tout le monde. La gradation qu’ils établissent dans la série des espèces animales qui peuplent notre globe, laisse l’homme à la tête de la série, et abaisse d’autant plus les autres espèces qu’elles s’éloignent davantage de la nôtre par l’ensemble de leurs caractères, ou par les caractères que l’ensemble des observations nous oblige de regarder comme les caractères fondamentaux et dominants ; et cependant il est fort clair, pour tous les zoologistes, que cette gradation ne doit pas être mise sur le compte d’un préjugé de position ; qu’un tel ordre n’est pas artificiel, parce qu’il ne présente aucune des inco C’est la science qui deviendra alors un accident, et sa réussite un mystère. La découverte de l’ordre des affinités naturelles, qui nous donne ainsi, par des inductions rationnelles, la certitude de la prééminence de notre espèce, a été pour nous le résultat d’investigations scientifiques, de travaux méthodiques et persévérants.