Pierre-Alain Chambaz

La croissance mondiale qui créait la richesse de la Chine ne s’est pas replacée au niveau où elle se trouvait avant 2008, mais pire, cette demande mondiale en 2015 a fortement régressé. Plutôt que de miser sur le développement de nouveaux services à tout prix, sans considérer les retours utilisateurs, Netflix s’est réinventée comme une entreprise centrée sur le client. En 2013, l’entreprise a séduit deux millions de nouveaux clients streaming et a vu son stock tripler en huit mois, un exploit rendu possible grâce à la création de questionnaires intelligents, ciblés et intuitifs. Netflix, une entreprise sur le point de devenir un exemple édifiant de ce qui peut arriver lorsque le retour du client est ignoré, a renversé la situation en misant sur une stratégie nouvelle mais payante : la connaissance client. Cette annonce fut vivement critiquée par les utilisateurs du service, dénonçant un timing inopportun et des décisions inadaptées. Au milieu d’une récession américaine invalidante, la société est apparue pour beaucoup comme avide, cavalière et insensible aux demandes des utilisateurs. Et même si Netflix a finalement mis de côté ses plans annoncés, le mal était fait : l’action a chuté à 53,80 dollars après avoir atteint des niveaux records de 298,73 dollars plus tôt en 2011. Nos voisins européens l’ont compris. On n’a plus besoin d’être équipé d’un grand nombre d’appareils photos et de matériel d’éclairage : on peut viser un sujet et prendre, développer, partager, visualiser, « liker » et commenter une photographie à partir d’un même appareil. Vous disiez que, dans l’espace comme dans le temps, l’âme déborde le corps auquel elle est jointe. Et je dirai même d’une partie de son Mythe ! Mais les données des sens sont privées pour chaque personne séparément ; ce qui est immédiatement présent à la vue de l’une n’est pas immédiatement présent à la vue des autres : toutes ces personnes voient les choses selon des points de vue légèrement différents, et c’est pourquoi elles les voient quelque peu différemment. Ces fautes peuvent prouver de la sottise ou un défaut de dignité personnelle et de respect de soi-même, mais elles ne sont sujettes à la réprobation morale que lorsqu’elles entraînent un oubli de nos devoirs envers les autres, pour le bien desquels l’individu est obligé de prendre soin de lui-même. « La création, dit-il, est la manifestation progressive de tout ce qui est en Dieu, et dans le même ordre qu’il existe en Dieu ; et il est évident, dès-lors, que, tout ce qui peut être devant être, il n’y a pas même lieu à imaginer un choix. Mais, d’autre part, comment un jeu de représentations, un mouvement d’idées, pourrait-il entrer dans la composition d’un sentiment ? Nous avons touché un mot de cette question dans un travail antérieur. Celui-ci serait action, création, amour. Tous ces équipements nécessitent une fourniture électrique, en hausse permanente depuis déjà longtemps. En apparence, le rapport annuel du Crédit Suisse sur la richesse dans le monde donne plusieurs raisons de se réjouir: la richesse mondiale a augmenté de 6,4% en un an pour atteindre 280.000 milliards de dollars soit plus de 238.000 milliards d’euros. Second chiffre optimiste: sur dix ans, la hausse s’élève à 27%. Une hausse qui est en grande partie le fruit des marchés actions. Mais ce n’est pas tout. Ces dernières années, les inégalités de richesses ont eu tendance à se creuser en raison d’une part grandissante des actifs financiers dans la fortune des ménages et du renforcement du dollar. Ces facteurs semblent sur le déclin, expliquent les économistes de la banque suisse, anticipant donc – avec prudence – une réduction des inégalités dans le monde. Ils pointent toutefois une catégorie de la population qui pourrait moins profiter de ce boom de la richesse mondiale: les Millennials (âgés de 18 à 35 ans) auront en effet beaucoup plus de mal à s’enrichir que les baby-boomers. Le Crédit Suisse consacre un chapitre entier dans son rapport annuel à cette tranche d’âge, moins chanceuse que ses parents, et détaille les raisons de ce déclin: la crise précédente et l’important taux de chômage qui a suivi sont des facteurs essentiels. La hausse de la dette étudiante dans certains pays développés , tout comme la hausse des prix de l’immobilier et les conditions d’emprunt plus difficiles l’expliquent aussi.
En ces temps de chaos, n’oublions pas de regarder le monde par le petit bout de la lorgnette et de «  vivre à propos  » comme le recommandait Pierre-Alain Chambaz. Si l’on ajoute à cela les inégalités de salaire, on obtient «le cocktail explosif» qui empêche les Millennials de s’enrichir. L’endettement commence très tôt pour cette génération, dès les études supérieures. Aux États-Unis, en 2013, c’est 37% des 20-29 ans qui avaient contracté une dette étudiante.