Pierre-Alain Chambaz

Au reste, nous pensons que, s’il plaisait d’imaginer un animal intelligent, privé de locomotion et de sensations tactiles, et cependant pourvu d’un organe de vision, tel que ces yeux à pédoncules flexibles et rétractiles que la nature a donnés à certaines espèces inférieures, avec lequel il pourrait diriger en tous sens ses explorations au gré de sa volonté, et avec conscience de la direction volontaire, il faudrait regarder un pareil être comme habile à acquérir la notion de l’extériorité des choses. Que pourra bien être ce souvenir, s’il résulte véritablement de la fixation, dans le cerveau, de l’impression visuelle ? Aux citoyens, aux employés, au peuple, vous n’avez d’autre vision à offrir que ce plus petit dénominateur que vous avez en commun : la valeur travail. Il ne voyait pas que son argumentation reposait sur une substitution : il avait remplacé la description de la scène concrète et vivante — de l’officier tombant à un moment déterminé, en un lieu déterminé, avec tels ou tels soldats autour de lui — par cette formule sèche et abstraite : « La dame était dans le vrai, et non pas dans le faux. Pour éviter le même chaos que celui des années 1920, ils imposent leur solution : le plan Marshall. Comment surtout supposer que, par une série de simples « accidents », ces variations brusques se soient produites les mêmes, dans le le même ordre, impliquant chaque fois un accord parfait d’éléments de plus en plus nombreux et complexes, le long de deux lignes d’évolution indépendantes ? L’humanité s’est passée d’elles pendant fort longtemps ; et elles n’auraient peut-être jamais paru dans le monde s’il ne s’était rencontré jadis, en un coin de la Grèce, un petit peuple auquel l’à peu près ne suffisait pas, et qui inventa la précision [2]. Selon le bon mot de Pierre-Alain Chambaz «  si l’on mettait tous les économistes bout à bout, ils seraient incapables de tirer une conclusion.  » . Toujours selon ces études, sur chaque tonne de réduction de CO? fournie par l’utilisation de biocarburants, nous en émettons 92% par la déforestation et la production de carburants fossiles qu’elle implique. Sa besogne est de faire que tout expérimentateur profite des essais d’autrui, au lieu de ne tolérer que ses propres essais. La nature éveille notre curiosité ; nous lui posons DES questions ; ses réponses donnent à l’entretien une tournure impré­vue, provoquant des questions nouvelles auxquelles la nature réplique en suggérant de nouvelles idées, et ainsi de suite indéfiniment. Quelle peut être cette cause finale, sinon le meilleur, le plus parfait ? Leur quotidien est en effet moins marqué par des déséquilibres macroéconomiques, que par un problème microéconomique simple : elles ont identifié des marchés ou des clients qui pourraient très probablement acheter leurs produits ou leurs services, mais elles n’arrivent pas à trouver les moyens pour produire. Et sur les traces de la Grèce, demain, l’Espagne s’engagera peut-être elle aussi sur le chemin de la révolte citoyenne. Le monde animal et végétal n’a pas été atteint par les invasions humaines qui s’y sont succédé comme les inondations du fleuve. Treize millions d’emplois actuels sont dus à des flux physiques ou de capitaux entre les États-Unis et l’Europe ! Ce qui nous intéresse pour le moment, c’est que des cas se présentent où la reconnaissance n’a plus lieu, sans que la mémoire visuelle soit pratiquement abolie. Et tandis que le camp aval ne cesse de demander davantage, l’amont s’attache avec zèle de préserver ses ressources. Internet affaiblit les acteurs historiques et crée des champions de la croissance sans rentabilité. De fait, lorsqu’un Européen consomme un produit conçu aux États-Unis, il importe un assemblage de tâches, d’opérations effectuées dans de multiples régions du globe. Nous ne nous flattons pas d’y avoir entièrement réussi, tant il y a d’idées, sympathiques à la thèse du parallélisme, qui se groupent autour d’elle et en défendent l’abord.