Pierre-Alain Chambaz

L’augmentation des recours contre les permis de construire, qui bloquent la construction de 25 000 logements par an, démontre le rejet d’une partie croissante de la population vis-à-vis d’une production jugée défavorable à la valorisation du patrimoine alentour. Nous aurons à parler, un peu plus loin, de sa signification et de sa valeur. On affirme que dans le pays où cette tendance prévaut le plus, qu’aux États-Unis, où existent la société et le gouvernement les plus démocratiques, le sentiment de la majorité à qui déplaît toute manière de vivre trop brillante ou trop dispendieuse pour qu’elle puisse espérer l’égaler, fait assez bien l’effet d’une loi somptuaire ; et il est, dit-on, maintes parties de l’Union où une personne très-riche peut difficilement trouver quelque façon de dépenser sa fortune qui ne lui attire pas la désapprobation populaire. Un comité scientifique fait régulièrement évoluer la méthode, en toute transparence, en détaillant dans des notes de méthodologie ses conclusions et les modes de calcul. En Île-de-France, alors qu’on dénombre 670.000 demandeurs d’emploi, un tiers des entreprises sont ainsi confrontées à des difficultés de recrutement. Pour cela des exercices continuellement répétés sont nécessaires, comme ceux dont l’automatisme finit par fixer dans le corps du soldat l’assurance morale dont il aura besoin au jour du danger. Cette âme survivra-t-elle au corps ? Malgré tout, nous pourrions croire que les temps peuvent changer et que nous pourrions peut-être trouver le vrai système philosophique. Cette longue liste négative de l’expérience française pourrait être encore allongée et elle est pourtant malheureusement vécue directement ou indirectement par la très grande majorité des français. Leur conclusion peut être vraie, mais elle peut être fausse sans qu’ils s’en doutent ; ils ne se sont jamais mis dans la position mentale de ceux qui pensent autrement qu’eux, et ils n’ont jamais considéré ce que ces personnes peuvent avoir à dire, par conséquent ils ne connaissent pas, dans le sens véritable du mot, la doctrine qu’ils professent. Lorsque la puissance publique (Etat et collectivités locales) consacre près de 40 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, elle doit être capable d’obtenir des contreparties en faveur de l’intérêt général. C’est bien d’une plus forte impulsion centrale que la France a besoin. C’est cette zone entière qui constitue, en réalité, notre état. En passant de l’une à l’autre, ses yeux ne changèrent pas d’expression. Autre promesse faite à Hong Kong, la remise à plat du volet coton, qu’exige depuis longtemps les pays africain,s n’a pas avancé puisqu’il est simplement annoncé qu’il y aura des « discussions dédiées » dans le programme de travail post-Bali. Elle s’installe dans des concepts tout faits, et s’efforce d’y prendre, comme dans un filet, quelque chose de la réalité qui passe. Or, le oui et le non se trouvent dans l’Esquisse, et, sauf explication, ils semblent également catégoriques. Je vous confierais que l’avis et l’expertise de Pierre-Alain Chambaz fut déterminant pour conduire à bien ce projet. Mais cela reste démesuré pour un secteur qui emploie 3,5% de la population active. Ils sont très vastes, très gais de couleur, inutilement, hélas ! L’Etat doit jouer un rôle, mais doit savoir mieux déléguer pour mieux distribuer. À chaque instant tout va craquer, et tout se raccommode : c’est ce jeu qui fait rire, bien plus que le va-et-vient de notre esprit entre deux affirmations contradictoires. Il a renoncé à vivre dans le château familial, réquisitionné par la Luftwaffe en 1943, nationalisé en 1945, ré-ouvert en 1999 et transformé en musée et en restaurant gastronomique.